Buste en marbre représentant un gentilhomme
Technique:
Lot n° 178
Marie-Anne Collot (1748-1821) débuta sa formation en 1763, alors âgé de 15 ans dans l’atelier de Jean-Baptiste II Lemoyne (1704-1778). En 1766, elle intègre l'atelier du sculpteur Etienne-Maurice Falconet (1716-1791). Elle devint une sorte de nouveauté dans les cercles artistiques, fréquente le cercle des encyclopédistes et noue une grande amitié avec Denis Diderot.
Son travail est particulièrement apprécié par Diderot et par l'agent de l'impératrice russe, le prince Dmitry Golitsyn, qui recommande l'artiste à Catherine II. Falconet fier du travail de son élève la persuade de le rejoindre à Saint-Pétersbourg en 1766. Avant son arrivée en Russie, Golitsyn écrit au ministre des Affaires étrangères, le comte Panin : "elle est comme un prodige par son talent et son comportement, le grand nombre de portraits que je lui ai vu faire ici sont parfaits et elle ne peut manquer d'être utile dans notre pays".
Expatrier durant une décennie, elle se forgea une réputation et une clientèle impressionnante. Elle exécuta des portraits de la famille impériale, des membres de la cour russe, dont la fille de l'ambassadeur anglais, Mary Cathcart (Gaborit, op. cit., p. 155). En janvier 1767, Marie-Anne Collot est la première femme élue à l'Académie impériale des Beaux-arts de Russie. Falconet confie à sa protégée le soin de réaliser la tête de Pierre Ier pour sa statue équestre. Par son travail et sa ténacité, elle réussit à conquérir son indépendance.
Deux portraits-bustes réussis de Catherine II, lui assurent le succès dans la capitale et la cour impériale lui verse un salaire régulier. Marie-Anne Collot est particulièrement récompensée par l'impératrice car elle expose des bustes de Diderot, Falconet et d'autres artistes dans la galerie de l'Ermitage, à une époque où il n'était pas prévu d'y exposer des sculptures. Elle fut une incroyable ambassadrice française pour la sculpture française à l’étranger.
Elle épouse en 1777, à Saint-Pétersbourg, le peintre Pierre Etienne Falconet fils du sculpteur et dès 1778 rentre à Paris avec sa fille âgée de quelques mois et le quitte l'année suivante. Elle rejoint son beau-père à La Haye, en Hollande où elle est accueillie chez son amie la princesse Galitzine. Sa production se ralentit pour cesser on le pense en 1783. Il est écrit qu’elle réalisa dans les années 1779 le fameux chevalier d’Eon qu’elle a connu en Russie et qui est resté jusqu’à nos jours disparu.
Elle exécute les bustes en marbre de Guillaume, prince d’Orange et de son épouse, la princesse Wilhelmine de Prusse. Elle fait également le portrait du docteur Camper. Elle rentre à Paris à la fin de 1780 et produit encore un portrait de Godefroi de Villetaneuse. Ces œuvres selon les archives retrouvées auront été les dernières qu'elle aura fait en raison d'une tragédie familiale en mai 1783, la paralysie de Falconet son beau-père et maître. Après la mort d'Etienne Falconet en 1791, elle achète le domaine de Marimont sur la commune de Bourdonnay en Moselle. Elle s'y retire et y mène une vie paisible jusqu'à sa mort.
Bien que notre buste soit daté et signé de 1783, il est difficile aujourd’hui d’affirmer le personnage représenté. Il pourrait s’agir soit du buste en marbre perdu du Chevalier d’Eon, daté des années 1780 qu’elle avait connu en Russie et qui était également de retour à Paris en 1783 soit un autre buste réalisé dans les années 1780 représentant Charles-Théodore Godefroy, Seigneur de Villetaneuse (1718-1796) pareillement (Réau. loc cit, p. 227) perdu. Les pupilles sont fortement marquées, le costume simple, le traitement des cheveux finement taillé. L’artiste a cherché à saisir la personnalité de son modèle. L’œuvre de cette femme artiste a été très peu étudié et on l’a confond même parfois avec son maître Falconet. Elle était spécialisée dans l’art du portrait et est probablement l’une des seules femmes sculpteurs du XVIIIe siècle en France qui a eu le grand mérite de signer ses œuvres de son propre nom.
Bibliographies comparatives :
J-R. Gaborit, Sculpture française II - Renaissance et Temps Modernes, vol. 1 et 2, Paris, Ed. RMN, 1998, p. 155.
S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle, Tome I, Paris, 1910,pp. 335-8.
L. Réau, Une femme-sculpteur française au XVIIIè siècle, 1924, fasc II.L'Objet d'Art n° 325, Sculpture : le génie de Marie-Anne Collot, Juin 1998.
H 52 L 31 cm
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- FALCONET-COLLOT Marie-Anne
