Le pont

Le pont - Huile sur toile signée

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Technique:

lot n° 117
Illustration  P. 74 du catalogue
65 cm x 81.0 cm

 
Provenance : Collection Bazaine Francis Gruber, s'est imposé très tôt dans sa famille puis auprès de ses amis comme une enfant prodige. Son asthme lui évitant l'école laïque et obligatoire, l'a poussé vers le monde adulte, et vers la littérature, refuge des rêves et du fantastique où les fées et autres elfes se transforment aussi en sorcières et chevaux ailés. Taslitzky qui a travaillé dans sa jeunesse dans l'atelier de verrerie et de vitrail s'en souvient : « ... A seize ans, sa culture artistique tenait du prodige. L'étendue de ses connaissances poétiques me donnait le vertige. Je me crus en présence de Raphaël, jeune et déjà grand... » Fils du grand maître verrier, qui créa les plus fameux vitraux peints de l'art nouveau nancéen, qui grâce au mécénat de Corbin vient s'installer à Paris, villa d'Alésia. Lorsque les premières tentations picturales arrivent, il se tourne naturellement vers les grands maîtres Bosch, Grûnewald, Dürer et le graveur nancéen Jacques Callot. Lorsqu'il travaille à l'académie scandinave ses maîtres sont Othon Friesz , Dufresne et Waroquier, ses amis sont Tal Coat, Pignon , Tailleux et Antonin Artaud , Despierre et Walch, André Marchand, Claude Venard aux côtés desquels il exposera. Dans le Montparnasse des années 40 il rencontre les frères Giacometti, Alberto sera son ami et fit plusieurs portraits éloquents, avec ses amis Tailleux et Artaud on peut se dire que le cercle est bien bouclé. En 1941, il rencontre George Bernstein, fille de Henry Bernstein auteur dramatique et de pièces de boulevard, directeur jusqu'en 1939 du Théâtre du Gymnase, dont Marie Bell prendra plus tard la direction. A partir de ce moment il délaisse parfois l'atelier de la villa d'Alésia pour séjourner dans la propriété des Bernstein à Thomery, et il commence la série des paysages de Fontainebleau. «....Gruber appartient à cette génération d'artistes nés aux alentours de la première guerre mondiale qui grandissent pendant la crise économique. Jeunes adultes ils s'exaltent pendant les années houleuses des années trente, quand les efforts progressistes des gouvernements (...) promettent aux masses sociales des lendemains qui chantent tandis que la guerre d'Espagne précipite l'Europe vers un nouveau carnage. La seconde guerre mondiale met un terme brutal à cet optimisme illusoire....Ce qui nous reste de Gruber après avoir examiné son oeuvre indépendamment des discours des critiques et historiens d'art, c'est son individualisme, son acharnement, sa vision unique et personnelle, sa détermination inébranlable à représenter, témoigner exprimer la destinée humaine. Cette intensité expressionniste et humaniste nourrie de sa volonté de produire un art dépourvu de tout esthétisme gratuit, puisé à la source des évènements contemporains et instruit des maîtres du passé est une attitude commune à d'autre artistes qui n'ont à priori rien à voir avec Gruber... (Armelle Vanazzi- Futterman in Francis Gruber l'oeil à vif Nancy - Clermont-Ferrand 2009)