Rare baiser de Paix

Rare baiser de Paix - Plaque en argent repoussé

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Technique:

Lot n° 129
de forme cintrée fait d'une plaque en argent repoussé représentant une scène de la Crucifixion avec la Sainte Vierge et Saint Jean au pied de la Croix sur un fond de rinceaux terminés par des fleurons. Le soleil et la lune sont traités avec des agates orangées incrustées (la lune probablement rapportée). Cette plaque est très vraisemblablement un réemploi d'un élément de reliure d'évangéliaire rhéno-mosan, présumé du XIe siècle.
La plaque d'argent centrale est à mettre en étroit rapport stylistique avec plusieurs ouvrages de reliure datés des Xe et XIe siècle.
Son format est cohérent et son sujet central dans l'iconographie chrétienne est la représentation archétypal d'innombrables plats principaux de nombreux évangéliaires allant de la boîte-reliure du Louvre [N° MR 349] du XIe siècle à celui du trésor d'Oignies du XIIIe siècle où se retrouvent d'ailleurs les mêmes incrustations de pierres sur les astres supérieurs [coll. Fondation Roi Baudouin, inv. TO01].
Ces plats d'évangéliaires sont toujours d'un insigne raffinement réemployant des éléments aussi variés que précieux, allant des antiques camées aux émaux contemporains, qu'ils soient mosans ou limousins. La documentation sur les plaques de repoussés, éléments central de ces plats, manque cruellement...
Les localisations rhéno-mosanes semblent prévaloir et c'est d'ailleurs celle que nous retiendrons.
Le traitement de cette plaque est à rapprocher singulièrement de celui du dos de l'évangéliaire de saint Gauzelin appartenant au trésor de la cathédrale de Nancy  dont la notice Palissy [IM54007609] ne localise pas la production pour autant datée du Xe siècle.
La Châsse des Enfants de Saint Sigismond, du trésor de l'Abbaye de Saint-Maurice en Valais, datée en partie du commencement du XIIe siècle, offre aussi des rinceaux d'argent repoussés d'une singulière analogie avec cette plaque.
Un autre ouvrage d'art extrêmement proche de cette plaque sur le plan stylistique se retrouve dans la célèbre collection du Dr Leopold Seligmann et se doit d'être évoqué plus longuement .
Le Christ y est traité avec la même tunique que sur notre plaque, les rinceaux sont similaires et l'auréole si singulière du Saint Jean de la plaque Seligmann est identique à celle du Christ de cette plaque. Non localisé à ce jour, ce retable Seligmann fut publié et illustré dans l'ouvrage sur la sculpture otonienne « Ottonische Plastich » de Margret Burg en 1922 ainsi que dans l'ouvrage d'Eugène Lüthgen sur l'art rhénan médiéval « Rheinische Kunst des Mittelalters aus Kölner Privatbesitz » publié en 1921. Nous le retrouvons dans la vente de Seligman d'avril 1930 où il est décrit au lot 101 comme datant de l'an 1000 et est donné lorrain ou nord-italien. Enfin dans la publication de référence de Paul Thoby, Le Crucifix des origines au Concile de Trente publié en 1959, la plaque Seligmann est illustrée planche XXXVIII et voit sa fabrication localisée à Cologne et datée du XIe siècle... Magré les difficultés à localiser la plaque Seligmann, il est évident qu'elle est à mettre en rapport avec cet objet d'art et que ces deux plaques proviennent des mêmes ateliers. Nous retenons l'option rhéno-mosane et présumons une fabrication au XIe siècle selon l'avis de Paul Thoby.