Joséphine de Riocour-Remoncourt épouse de Joseph Alexandre d'Arbois de Jubainville et son fils Charles Joseph.
Technique:
Lot n° 113
Important cadre en bois et stuc doré à décor de tiges et feuillages. Porte la dénomination de la personne peinte en haut à gauche.
H_88 cm L_72 cm.
Petits manques au cadre et à la toile.
Ce portrait intime et délicat, peint en 1818, illustre avec sensibilité l'évolution de la représentation maternelle dans la peinture du début du XIXe siècle. Joséphine de Riocour-Remoncourt (1775-1853), issue d'une famille de la noblesse lorraine, est ici représentée en compagnie de son fils Charles-Joseph (1808-1875), dans une attitude qui témoigne de la tendresse et de l'affection maternelle, encore peu fréquentes dans la tradition du portrait aristocratique.
Mariée en 1801 à Joseph-Alexandre d'Arbois de Jubainville (1776-1866), conseiller à la cour d'appel de Nancy et ancien lieutenant de Dragons, Joséphine donne naissance à trois enfants, un garçon et deux filles. À une époque où les enfants des grandes familles étaient souvent confiés à des nourrices et où l'attachement parental restait mesuré face à une mortalité infantile élevée, ce portrait s'inscrit dans un tournant sociétal majeur. L'influence de Jean-Jacques Rousseau et de son Émile, ou De l'éducation (1762) marque un profond changement dans la perception de l'enfance et du rôle maternel. Si sous l'Ancien Régime les jeunes enfants étaient parfois désignés par des numéros - comme en témoigne l'usage chez les filles de Louis XV (Madame Première, Madame Seconde…) - la fin du XVIIIe siècle amorce une valorisation du lien maternel, que Marie-Antoinette illustre avec éclat sous le pinceau de Madame Vigée Le Brun en 1787. Ce mouvement se poursuit sous l'Empire avec des œuvres telles que le portrait de Louise de Guéhéneuc, duchesse de Montebello, et ses enfants peint par François Gérard la même année que notre toile, en 1818. Dans notre portrait, Joséphine de Riocour-Remoncourt apparaît assise dans son intérieur, vêtue d'une robe aux lignes souples, à la mode du début de la Restauration. Elle tient contre elle son fils Charles-Joseph, représenté à l'âge de dix ans environ, dans une posture naturelle et affectueuse, à l'opposé de la rigidité des portraits enfantins du siècle précédent. Vêtu d'un habit d'enfant et non en miniature d'adulte, il incarne ce nouvel idéal de l'enfance, où la spontanéité et la tendresse prennent le pas sur la solennité des conventions aristocratiques. Par la qualité de son exécution et par l'émotion qui s'en dégage, ce portrait constitue un témoignage précieux de l'évolution des mentalités et du rôle grandissant accordé à la maternité au début du XIXe siècle.
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- Ecole Lorraine du XIXème siècle
