SAINT LOUIS les BITCHE - MEISENTHAL - LEMBERG et WINGEN sur MODER le quatuor magique


René LALIQUE          :  "Forgeron"

A quelques kilomètres les unes des autres, ces quatre cités représentent la qualité universellement reconnue des manufactures verrières du Nord vosgien.
Saint-Louis-les-Bitche, la plus ancienne cristallerie de France où les Meilleurs Ouvriers de France transforment la matière en lumière pour donner naissance au très prestigieux "Cristal de Saint-Louis" qui a orné tant de tables de l'Hexagone et du Monde entier. 

Meisenthal avec à partir de 1704 la présence d'une ancienne manufacture de verre utilitaire. La fin du XIXème siècle a été l'âge d'or de cette manufacture avec la Société BURGUN-SCHVERER et un émailleur très talentueux Désiré-Jean-Baptiste CHRISTIAN. Le maitre verrier de l'Art Nouveau Emile GALLÉ y sera accueilli à la fin du XIXème siècle.    A la suite d'une renaissance en 1969 la manufacture produit désormais ses extraordinaires "boules de Noël".

Lemberg avec sa "Cristallerie Lorraine" qui a fermé ses portes en 1997, a vu le jour vers 1925 et de nombreux artistes comme le nancéien Auguste HOUILLON ou Othon PFEIFFER y travailleront sur du cristal "haut de gamme". 
Mais en 1973, devant faire face à la fois à la concurrence de la verrerie mécanique, aux débuts de la crise économique et à des problèmes familiaux de succession, la Cristallerie Lorraine ferme et licencie ses 280 ouvriers. C’est Joseph Grébil, cadre de l'ancienne cristallerie, qui reprend l’entreprise en 1976 fondant avec des associés une société à responsabilité limitée, la « Société nouvelle des Cristalleries Lorraines », qui embauche une quarantaine de personnes avant la fermeture définitive de l'usine en 1997.

Et ......  Wingen sur Moder.

Fondée en 1921 par René LALIQUE, la Cristallerie Lalique

de Wingen-sur-Moder est, encore aujourd’hui, l'unique site de production au monde

de la marque. Près de deux cents artisans d'art (verriers, maîtres-verriers) y perpétuent des gestes centenaires à travers des étapes de fabrication complexes.
 

Ce bourg n'est certes pas en Lorraine mais la proximité des manufactures que nous venons d'évoquer  nous oblige à présenter l'extraordinaire vente aux enchères consacrée à ce grand créateur, qui va être organisée par l'étude nancéienne de Maître Alexandre LANDRE le 27 septembre prochain.

Rien moins que 155 oeuvres seront présentées, mais au-delà des œuvres, c’est surtout une belle histoire de famille et de transmission que cette vente raconte. Conservée pendant plusieurs générations par une famille directement liée à la Maison Lalique dans les années 1930, la collection rassemble œuvres, archives, photographies et souvenirs qui permettent de redonner vie à cette histoire. 
En tête de cet article voici "Forgeron", un élément de porte en verre moulé-pressé, gravé au jet de sable et patiné. Modèle crée le 2 février 1925 pour l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes Paris. Selon la tradition familiale, ce panneau en verre serait le premier réalisé pour cette porte. Lignes de moule de cuisson. Pas signé. Dimensions: 52 x 36 cm - estimé entre 8000 et 10 000  euros. 

Le très beau catalogue de la vente présente des pièces exceptionnelles comme ces figurines "Figurines et raisins tête levée " et" Le joueur de pipeau". D'après le modèle créé le 28 septembre 1928 pour la décoration du wagon-salon du rapide "Côte-d'Azur Pullman express". Ensemble de trois plaques en verre moulé-pressé satiné. Dans une monture en bois. . Dimensions par plaque: 47 x 15 cm. estimation entre 5000 et 8000 euros.
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Ou enfin ce superbe vase en verre soufflé-moulé rouge "Acanthes" de 1921, non signé mais répertorié par Félix Marcilhac, dans "René Lalique, catalogue raisonné de l'oeuvre de verre", Les Éditions de l'Amateur, Paris, 2011, modèle référencé et reproduit sous le n° 902 Page 417. Estimé entre 4000 et 6000 euros :
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Nous sommes loin, certes, des sommets obtenus par une oeuvre de René Lalique quand on se souvient
de la vente historique qui eut lieu à Paris en 2013 pour une sculpture en  bronze, une balustrade "Femme ailée" venant de la collection d'un musée japonais , 1 240 750 € frais en plus ! 

Cela n'était pas de la production de la manufacture nord-vosgienne.

Rendez vous donc boulevard Albert Ier le 27 septembre.

Robert LETERRIER